Visiter les Vosges : crêtes arrondies, lacs glaciaires et fermes-auberges
- 11 août
- 7 min de lecture
Visiter les Vosges, c'est monter au col de la Schlucht dans le brouillard et déboucher dix minutes plus tard sur une ligne de chaumes pelées qui domine toute la plaine d'Alsace.
C'est aussi une tarte aux brimbelles mangée sur la terrasse d'une ferme-auberge, un lac glaciaire encaissé sous les sapins, et des sommets arrondis qu'on appelle des ballons. Le massif s'étire sur 150 kilomètres, du Bas-Rhin au Territoire de Belfort, et se traverse aussi bien à pied qu'en voiture ou en car. Il complète notre Visiter France : le guide complet, et retrouvez tous nos guides de voyage France.
Combien de jours dans les Vosges
Trois jours donnent un aperçu correct : une journée sur la route des Crêtes, une de randonnée, une pour les lacs et une ville-porte.
Cinq à six jours permettent d'ajouter les Vosges du Nord, une vallée alsacienne et une journée sans voiture. Basez-vous à un seul endroit et rayonnez : les vallées communiquent mal entre elles, chaque changement d'hébergement coûte une demi-journée de route en lacets. Pour situer le massif parmi les grandes étapes du pays, voir notre que faire en France : les incontournables.

La route des Crêtes, le fil conducteur
Tracée pendant la Première Guerre mondiale, la route des Crêtes relie Sainte-Marie-aux-Mines à Cernay sur 88 kilomètres, en passant par le col de la Schlucht, le Hohneck (1 363 m), le Markstein et le Grand Ballon (1 424 m), point culminant du massif.
Elle ferme chaque hiver, désormais à date fixe à la mi-novembre, et rouvre en avril selon l'enneigement. Vérifiez l'état des tronçons avant de partir sur le site officiel du Massif des Vosges : la portion entre le col de la Schlucht et le parking du Chitelet reste déneigée l'hiver, mais la liaison continue est coupée.
Roulez-la du sud vers le nord en fin d'après-midi : le soleil éclaire alors la plaine et les parkings des points de vue se vident. Les fermes-auberges installées le long du tracé ferment souvent leur service à 14 h — déjeunez tôt ou réservez.
Randonner dans les Vosges
Le balisage du Club Vosgien couvre plus de 20 000 kilomètres de sentiers, dont la grande traversée signalée par un rectangle rouge, de Wissembourg à Belfort.
Pour vous aider : https://www.club-vosgien.eu/
Sentier des Roches : la course emblématique, depuis le col de la Schlucht, avec mains courantes, passerelles et passages exposés. Fermé par arrêté préfectoral de novembre à fin avril, interdit aux chiens, à réserver aux marcheurs sûrs de leur pied.
Hohneck depuis la Schlucht : trois heures aller-retour par la crête, l'alternative accessible quand le sentier des Roches est fermé.
Tour du lac de Retournemer et du Frankenthal : cirques glaciaires, hêtraies, chamois visibles tôt le matin.
Ballon d'Alsace : montée courte, vue sur le Jura et, par temps clair, les Alpes bernoises.
Restez sur les sentiers balisés dans les zones de quiétude : le grand tétras, presque disparu du massif, y est dérangé par le moindre écart hors piste. Pour un massif d'une tout autre échelle, voir aussi les plus belles randonnées du Mont-Blanc.
Les lacs des Vosges
Les glaciers ont laissé une trentaine de plans d'eau. Gérardmer est le plus grand lac naturel du massif, avec plages surveillées l'été, pédalos et un tour à pied de six kilomètres.
Plus haut, Longemer et Retournemer s'enchaînent sur la même route ; le second, protégé, se contemple depuis le belvédère plutôt qu'il ne se baigne. Côté alsacien, le lac Blanc occupe un cirque rocheux à 1 050 mètres. Pour nager loin de la foule de juillet, visez plutôt le lac de la Moselotte ou celui de Pierre-Percée, aménagés en bases de loisirs surveillées.

Fermes-auberges et spécialités
Les fermes-auberges sont l'institution du massif : exploitations d'altitude qui servent le repas marcaire, hérité des vachers de la vallée de Munster.
Au menu, la tourte, le roïgabrageldi — pommes de terre fondues au saindoux —, le munster AOP accompagné de cumin, et la tarte aux brimbelles, nom vosgien de la myrtille. Comptez une vingtaine d'euros le repas complet, à réserver la veille en été : beaucoup n'ont ni terrasse extensible ni service continu.
Ailleurs, cherchez l'andouille du Val-d'Ajol, les tofailles, et les bonbons des Vosges vendus en confiserie. Les producteurs de munster fermier accueillent souvent pour la traite en fin d'après-midi.
Villes, thermes et sites de mémoire
Épinal garde son imagerie fondée au XVIIIe siècle, toujours en activité, et un musée consacré à l'image populaire. Saint-Dié-des-Vosges, reconstruite après 1944, doit sa notoriété au fait que le nom « Amérique » y fut imprimé pour la première fois en 1507.
Côté eau, Plombières-les-Bains, Vittel et Contrexéville alignent leurs galeries thermales du XIXe siècle ; une entrée aux thermes se réserve à l'avance en saison.
Le massif porte enfin les traces de la guerre de position de 1914-1918. Le Hartmannswillerkopf, avec son historial et son réseau de tranchées conservées, et le champ de bataille du Linge se visitent en deux heures chacun. Prévoyez-les le matin : les cimetières et les galeries prennent mal la lumière rasante de fin de journée.
Les Vosges du Nord, l'autre massif
Au nord de Saverne, le grès rose remplace le granit et l'altitude tombe sous 600 mètres. Le Parc naturel régional des Vosges du Nord, réserve de biosphère reconnue par l'UNESCO, aligne forêts continues et châteaux forts perchés.
Le Fleckenstein, taillé dans une barre de grès à la frontière allemande, se visite avec des enfants grâce à son parcours d'énigmes. Ajoutez le musée Lalique à Wingen-sur-Moder et le village fortifié de La Petite-Pierre. C'est le secteur à choisir en juillet-août : la fréquentation y est sans commune mesure avec celle des crêtes.

Les Vosges en hiver
Une dizaine de stations fonctionnent, dont La Bresse-Hohneck, la plus étendue, Gérardmer, Le Markstein, Le Lac Blanc et Le Ballon d'Alsace. Le forfait journée adulte tourne autour d'une trentaine d'euros, loin des tarifs alpins.
L'enneigement reste aléatoire sous 1 000 mètres : consultez les bulletins avant de réserver, et gardez un plan B. Le ski de fond des Trois Fours, la raquette et les sentiers piétons damés tiennent souvent quand les pistes alpines manquent de neige. Les équipements hiver sont obligatoires du 1er novembre au 31 mars dans les communes de montagne du massif.
Quand partir dans les Vosges
De juin à septembre pour la randonnée et les lacs, avec un pic de fréquentation les week-ends de juillet-août sur les crêtes.
Septembre et début octobre offrent le meilleur rapport lumière-affluence : hêtres roux, brumes de vallée le matin, fermes-auberges encore ouvertes. Décembre à mars pour le ski et les marchés de Noël des vallées alsaciennes. Évitez novembre : route des Crêtes fermée, sentier des Roches interdit, nombreuses auberges en congés.
Y aller et se déplacer
En train, Paris rejoint Épinal ou Remiremont en TGV en un peu plus de deux heures et demie ; Colmar, Mulhouse, Strasbourg et Nancy desservent les autres portes du massif.
L'atout du massif est la Navette des Crêtes : neuf lignes de cars reliant les vallées aux sommets, du 30 mai au 27 septembre, tous les week-ends en juin et septembre puis quotidiennement en juillet-août. Le trajet coûte 4 €, 2 € en tarif réduit, et des racks à vélo équipent les véhicules. Horaires et billets sur le réseau Fluo Grand Est. Elle rend possible la randonnée en ligne — monter par une vallée, redescendre par une autre — impossible avec une voiture garée à un point fixe.
Hors saison de navette, une voiture reste nécessaire : les cols ne se contournent pas et les liaisons entre vallées sont rares. Les milieux protégés du massif sont présentés sur le Parc naturel régional des Ballons des Vosges.
Où dormir et budget
Gérardmer concentre l'offre côté lorrain, Munster côté alsacien ; les deux permettent d'atteindre les crêtes en trente minutes. Pour dormir plus au calme, visez Xonrupt-Longemer, La Bresse ou la vallée de la Thur.
Comptez 80 à 120 € la nuit en hôtel ou chambre d'hôtes en été, davantage à Gérardmer en février. Les gîtes et refuges du Club Vosgien descendent sous 30 € la nuitée. Sur une journée type, prévoyez 60 à 80 € par personne, hébergement compris, en cuisinant un repas sur deux. Nos 10 étapes essentielles pour préparer un voyage réussi couvrent le reste de l'organisation.
Pour trouver l'endroit idéal où dormir : https://chambredhotevosges.com/
Les Vosges en famille et sur plusieurs générations
Les dénivelés modérés et les nombreux sentiers en boucle conviennent aux marcheurs de tous âges, à condition d'éviter les itinéraires rocheux du versant alsacien.
Trois sorties qui fonctionnent avec trois générations : le tour du lac de Gérardmer, plat et goudronné par endroits, praticable en poussette ; la montée au Grand Ballon depuis le parking, courte et large ; le sentier de découverte du Fleckenstein. Les chiens tenus en laisse sont admis sur la plupart des sentiers, sauf dans les réserves naturelles et sur le sentier des Roches. Une visite de ferme-auberge occupe efficacement les enfants pendant que les adultes déjeunent.
Foire aux questions : visiter les Vosges
Peut-on se baigner dans les lacs des Vosges ?
Oui, dans plusieurs d'entre eux. Gérardmer, Longemer, le lac de Bouzey et les bases de loisirs de la Moselotte et de Pierre-Percée disposent de plages surveillées en été. En revanche, la baignade est interdite dans les lacs situés en réserve naturelle ou servant de réservoirs, comme Retournemer.
Quel est le point culminant des Vosges ?
Le Grand Ballon, à 1 424 mètres, dans le Haut-Rhin. Un sentier court et large monte du parking de la route des Crêtes au sommet en une vingtaine de minutes. Par temps clair, la vue porte jusqu'à la Forêt-Noire, au Jura et parfois aux Alpes bernoises.
Peut-on randonner dans les Vosges avec un chien ?
Sur la plupart des sentiers balisés par le Club Vosgien, oui, tenu en laisse. Les réserves naturelles imposent des restrictions et le sentier des Roches interdit les chiens en raison des passerelles et des mains courantes. Vérifiez la réglementation locale avant chaque sortie.
Faut-il des équipements hiver pour rouler dans les Vosges ?
Oui. Dans les communes de montagne du massif, les pneus hiver ou les chaînes sont obligatoires du 1er novembre au 31 mars. Ajoutez que la route des Crêtes ferme sur la majorité de ses tronçons à la mi-novembre : les stations restent accessibles, mais uniquement par les vallées.
Où voir des chamois dans les Vosges ?
Sur le versant alsacien des hautes chaumes, autour du Hohneck, du cirque du Frankenthal et du Falimont. Réintroduits dans les années 1950, ils s'observent surtout au lever du jour et en fin de soirée, depuis les sentiers, jumelles à la main et sans quitter le tracé balisé.
En résumé
Le massif des Vosges s'organise autour d'une ligne de crête de 88 kilomètres, ponctuée de ballons arrondis, de lacs glaciaires et de fermes-auberges. Trois jours suffisent pour l'essentiel, cinq pour y ajouter les Vosges du Nord et leurs châteaux de grès rose. L'été et le début de l'automne offrent les meilleures conditions de marche ; l'hiver, l'enneigement reste incertain sous 1 000 mètres. La Navette des Crêtes, active de fin mai à fin septembre, permet de découvrir le massif sans voiture — et de randonner en ligne plutôt qu'en boucle.



