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Voyage à Shanghai : que faire, budget et formalités

5 juil.
7 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 août

À Shanghai, on traverse un siècle en franchissant un fleuve. D'un côté du Huangpu, les façades coloniales du Bund, héritage des concessions ; de l'autre, les tours de Pudong qui griffent le ciel. Entre les deux, une mégapole de 25 millions d'habitants qui a tout misé sur la vitesse — et qu'on gagne, justement, à parcourir lentement.

Ce guide rassemble l'essentiel pour préparer un séjour à Shanghai sans se laisser submerger : quand partir, les formalités (l'exemption de visa change tout pour les Français), le casse-tête numérique très particulier de la Chine, les quartiers à vivre et le pratique. L'idée n'est pas de tout cocher, mais de choisir quelques expériences et de les vivre pleinement. Vérifiez les formalités à jour sur France Diplomatie, conseils par pays.


Rue urbaine dorée au crépuscule, voitures garées, arbres d’automne et tour futuriste; panneau bleu bilingue en chinois et anglais.

Quand partir à Shanghai

Shanghai connaît quatre saisons bien marquées, et deux d'entre elles sortent du lot. Le printemps (de mi-mars à mai) et l'automne (de septembre à novembre) sont les meilleures périodes : ciel dégagé, températures douces (entre 12 et 25 °C), humidité supportable et belles lumières. L'automne est sans doute la saison reine, sèche et lumineuse.

À l'inverse, l'été (juin à août) est à éviter si l'on craint la moiteur : chaleur lourde jusqu'à 35 °C, humidité étouffante, pluies de la mousson — surtout les fameuses pluies des prunes (meiyu) en juin — et risque de typhons de juillet à septembre, avec un pic en août. L'hiver (décembre à février) est frais et gris (1 à 10 °C), mais peu pluvieux : c'est la basse saison, donc des prix plus doux et moins de foule.

Un réflexe essentiel : éviter les grandes fêtes chinoises, quand le pays entier se déplace. La Semaine d'or de la Fête nationale (1er-7 octobre), le Nouvel An chinois (fin janvier-début février) et la fête du Travail (début mai) saturent transports, sites et hôtels. (valable juin 2026)

Y aller et les formalités

Depuis Paris, Shanghai se rejoint en vol direct d'environ 11 à 12 heures (9 263 km) depuis Roissy-CDG, avec Air France, China Eastern ou Air China, le plus souvent vers l'aéroport de Pudong (PVG). Comptez entre 500 et 900 € l'aller-retour en éco selon la saison, parfois moins en réservant tôt (novembre est souvent le mois le moins cher). Le décalage horaire est de 6 heures en été et 7 heures en hiver, la Chine en avance.

Côté formalités, la nouvelle est excellente : jusqu'au 31 décembre 2026, les Français titulaires d'un passeport ordinaire sont exemptés de visa pour un séjour de 30 jours maximum (tourisme, affaires, visite familiale, transit). Le passeport doit être valide au moins six mois après l'entrée et comporter deux pages vierges. Deux points à ne pas négliger :

  • La carte d'arrivée électronique est obligatoire depuis le 20 novembre 2025. On la remplit en ligne, idéalement 48 h avant le départ, sur le site officiel de l'immigration chinoise (gare aux sites frauduleux qui facturent des frais) ; elle génère un QR code valable 24 h. On garde aussi sur soi un billet de sortie du territoire.

  • L'enregistrement sous 24 h auprès de la police locale est requis : les hôtels s'en chargent automatiquement à l'arrivée ; si vous logez chez l'habitant, c'est à vous de le faire.

Le kit numérique : la vraie préparation d'un voyage en Chine

C'est la spécificité de la Chine, et ce qui fait ou défait un séjour. À régler depuis chez soi, avant le départ, au calme et avec une bonne connexion.

Paiement. La Chine est quasi sans espèces : les commerçants, du restaurant chic au vendeur de baozi, affichent deux QR codes (bleu Alipay, vert WeChat Pay). Depuis fin 2023, ces deux applications acceptent les cartes étrangères (Visa, Mastercard, Amex) : on lie sa carte française en quelques minutes. Pour un touriste, Alipay est souvent le plus simple (édition internationale, ou Tour Pass prépayé). Les transactions sous environ 200 yuans (~26 €) sont sans frais ; au-delà, comptez environ 3 % de commission. On garde tout de même 200 à 300 € en yuans en secours.

Internet. Le Grand Firewall bloque Google, Gmail, Maps, WhatsApp, Instagram et YouTube. Deux solutions, à mettre en place avant d'arriver : un VPN installé sur le téléphone (les stores d'applications sont restreints sur place), ou une eSIM compatible Chine dont certaines routent automatiquement la connexion. Astuce qui sauve : désactivez le VPN avant de payer, sinon le système anti-fraude bloque la transaction. Et téléchargez Amap (ou Apple Plans) plutôt que Google Maps, et Pleco pour traduire menus et panneaux.

Se déplacer dans Shanghai

Le métro est l'un des plus modernes au monde : vaste, propre, fléché en anglais, et très bon marché (de 3 à 9 yuans le trajet, soit ~0,40 à 1,10 €). On entre et sort en scannant un QR code via Alipay ou WeChat — l'appli MetroMan, hors ligne, aide à préparer les correspondances. Pour le reste, Didi (le Uber chinois, en anglais) remplace le taxi, et les vélos en libre-service (Meituan, Hellobike) sont parfaits pour la Concession française. Mais à Shanghai, le plus beau moyen de transport reste la marche : les quartiers historiques se savourent à pied, à l'ombre des platanes.


Barque sur un canal bordé d’arbres, sous des lanternes rouges; promeneurs au quai, ambiance paisible.

Que voir, que vivre à Shanghai

Le Bund (Waitan), au coucher du soleil

C'est la carte postale, et elle mérite son statut. Cette promenade d'un kilomètre le long du Huangpu aligne d'un côté les édifices coloniaux des années 1920-1940 — surnommés la galerie architecturale des dix mille nations —, de l'autre la skyline futuriste de Pudong. Le meilleur moment : la fin d'après-midi, quand la lumière baisse, puis l'allumage des tours à la nuit tombée. Il y a foule, mais le spectacle est immanquable.

La skyline de Pudong, vue d'en haut

Face au Bund, Pudong est sorti de terre en trente ans. On y monte pour la vue : la Shanghai Tower (632 m, deuxième plus haute tour du monde, observatoire au 118e étage), le Shanghai World Financial Center et sa passerelle de verre, la Jin Mao Tower à l'architecture inspirée des pagodes, ou l'emblématique tour de la Perle de l'Orient et ses sphères roses. Par temps clair seulement — sinon, la brume avale tout.

Une croisière sur le Huangpu

Pour saisir l'échelle de la ville sans la foule du Bund, rien ne vaut une croisière d'une heure sur le fleuve, idéalement le soir quand les deux rives s'illuminent (autour de 14 € la place). On choisit le pont extérieur pour la vue dégagée.

Le jardin Yuyuan et la vieille ville

Au cœur de la cité ancienne, le jardin Yuyuan est un écrin Ming de plus de 400 ans : pavillons laqués, ponts en zigzag, rochers et bassins, pensés selon l'équilibre taoïste (entrée ~5 €). Tout autour, le bazar de Yuyuan déborde de souvenirs et de stands de street food — bruyant, touristique, mais vivant.

L'ancienne Concession française

C'est le Shanghai où l'on respire. Sous les platanes, les ruelles bordées de maisons shikumen abritent cafés, boutiques et galeries. On flâne au parc Fuxing, on visite Xintiandi (où se trouve le site du premier congrès du Parti communiste chinois) et surtout Tianzifang, dédale d'ateliers d'artisans, de cafés à thème et de céramistes. C'est le contrepoint parfait à la démesure de Pudong.

Nanjing Road, la place du Peuple et le musée de Shanghai

L'artère commerçante de Nanjing Road mène à la place du Peuple, poumon de la ville. On y visite le musée de Shanghai, l'un des plus beaux de Chine, célèbre pour ses bronzes rituels, ses céramiques et ses calligraphies.

Temples, art contemporain et villages d'eau

Pour l'ancrage spirituel, le temple du Bouddha de jade (quartier de Putuo) et le temple de Jing'an ponctuent la ville de leur encens. Côté création, les anciennes usines de M50, le long de la rivière Suzhou, et le West Bund concentrent l'art contemporain. Enfin, pour souffler une demi-journée, on s'échappe vers un village d'eau : Zhujiajiao (40 à 50 minutes du centre) et ses canaux, ou les plus calmes Nanxun et Tongli.

À table : la cuisine shanghaïenne

Impossible de quitter Shanghai sans goûter les xiaolongbao, ces raviolis vapeur gorgés de bouillon (on mord un coin, on aspire doucement le bouillon brûlant, puis on savoure). À tester aussi : les shengjian bao (raviolis grillés), les nouilles shanghaïennes, le poisson ou le porc braisés à la sauce sombre et sucrée, et le thé au jasmin. Les food courts de la vieille ville et de Nanjing Road permettent de tout picorer pour quelques euros — c'est là, plus que dans les restaurants à carte toutes langues, que la cuisine est la plus juste.

Combien coûte un séjour à Shanghai en 2026

La Chine n'est plus la destination bon marché des années 2010 : sur l'hébergement, Shanghai se rapproche des prix de Paris. En revanche, le quotidien reste accessible. Quelques repères datés de 2026 :

  • Vol A/R Paris-Shanghai (éco) : 500-900 €, souvent moins cher en novembre

  • Métro : 0,40-1,10 € le trajet (paiement par QR Alipay/WeChat)

  • Repas de rue / food court : quelques € (xiaolongbao, nouilles, baozi)

  • Restaurant correct : 10-25 € (hors adresses gastronomiques)

  • Jardin Yuyuan : ~5 €

  • Croisière sur le Huangpu : ~14 € (le soir de préférence)

  • Disneyland Shanghai : ~56 € (pour les familles)

La monnaie est le yuan (renminbi, CNY), autour de 7,5 à 8 yuans pour un euro. Le pourboire n'est pas d'usage en Chine. (estimations valables juin 2026, à confirmer au moment de réserver)

Voyager slow à Shanghai : nos règles

Une mégapole pareille peut épuiser ; quelques principes la rendent douce. On choisit deux ou trois quartiers plutôt que de courir d'un bout à l'autre — la Concession française un jour, le Bund et Pudong un autre. On marche dès qu'on peut, on mange local dans les sodas et les food courts, on s'offre une demi-journée hors de la ville (village d'eau) pour changer de rythme. Et l'on prépare tout le numérique en amont : c'est 80 % du confort sur place.


Vue de Shanghai : route vide bordée d’arbres, skyline de gratte-ciel dont la Tour de la Perle de l’Orient sous ciel bleu.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure période pour visiter Shanghai ? Le printemps (mi-mars à mai) et l'automne (septembre à novembre), pour un climat doux et sec. On évite l'été moite et orageux, et les grandes fêtes chinoises (Semaine d'or début octobre, Nouvel An chinois, fête du Travail).

Faut-il un visa pour aller à Shanghai ? Non, pas pour les Français jusqu'au 31 décembre 2026 : exemption de visa pour un séjour de 30 jours maximum. Il faut un passeport valide six mois, remplir la carte d'arrivée électronique avant le départ et disposer d'un billet de sortie.

Comment payer à Shanghai ? Via Alipay ou WeChat Pay, en liant sa carte bancaire étrangère — à configurer avant de partir. Les espèces ne servent qu'en secours (gardez 200-300 € en yuans). Les transactions sous ~200 yuans sont sans frais.

Internet fonctionne-t-il à Shanghai ? Le wifi local bloque Google, Maps, WhatsApp et Instagram. Il faut un VPN installé avant l'arrivée, ou une eSIM compatible Chine. Sur place, on utilise Amap pour se repérer et Pleco pour traduire.

Combien de jours pour visiter Shanghai ? Trois jours suffisent pour les incontournables (Bund, Pudong, Yuyuan, Concession française) ; quatre à cinq jours permettent d'ajouter les musées, les quartiers d'art et une escapade en village d'eau.

En conclusion

Shanghai n'est pas une ville qu'on visite, c'est une ville qu'on ressent — dans le contraste d'un coucher de soleil sur le Bund, le calme d'un jardin Ming, l'odeur des xiaolongbao au coin d'une ruelle de la Concession. Préparez bien le numérique, choisissez vos quartiers, marchez beaucoup, et laissez la mégapole vous surprendre à son propre rythme.


 
 
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